Attention : Un passage en 12 heures ne se décrète pas au détour d'un couloir ou d'un tableau de service. Cela requiert une procédure formelle, une concertation et une autorisation selon les règles légales en vigueur.

Contexte : pourquoi ce n'est pas normal

D'abord, la loi s'impose. L'organisation du temps de travail ne se change pas unilatéralement. Un passage en 12 heures modifie profondément la vie au travail : rythmes, repos, nuits, continuité des soins, prévention des risques.

La loi et les règles internes exigent une instruction formelle, la production de pièces obligatoires (évaluation des risques, planning-type, suivi RPS, impacts sur la sécurité des soins), puis une information et une consultation des représentants du personnel via le CSE et la F3SCT. Tant que ce cadre n'est pas respecté, on n'impose pas le 12 h.

Ensuite, une fausse affirmation circule. On vous dit : « Il n'est plus possible de faire des heures supplémentaires au CHU ». C'est faux.

Le Directeur des Ressources Humaines l'a confirmé en réunion avec les organisations syndicales : le recours aux heures supplémentaires reste possible, dans le respect des plafonds et des procédures. Faire croire l'inverse pour vous forcer en 12 h n'est pas acceptable. Quand il manque des bras, la solution ne consiste pas à allonger la journée de celles et ceux qui restent en contournant les règles ; elle consiste à organiser et dimensionner les effectifs, à activer les leviers disponibles (heures sup encadrées, rappels, renforts temporaires, pool de remplacement, régulation d'activité) dans un cadre régulier.

Enfin, le 12 h n'est pas un « mode permanent ». Il peut exister à titre encadré, sur la base d'un protocole clair, d'un suivi et d'une évaluation, parfois d'un volontariat réel, jamais sous la pression.

On ne joue ni avec votre santé ni avec la sécurité des patients : la fatigue cumulée, l'allongement de la durée de veille, la désorganisation des repos et de la vie familiale ont des conséquences connues. L'employeur a une obligation de prévention ; c'est à lui d'apporter des solutions qui protègent les équipes et la qualité des soins.

À retenir : comment réagir

Si on vous annonce un passage en 12 h « dès lundi » : ne signez rien dans l'urgence. Demandez les écrits (note de service, calendrier, protocole), conservez des copies, et prévenez-nous immédiatement.

  • Demandez la documentation : toute décision doit s'accompagner d'une note de service officielle, d'un planning-type et d'une évaluation des risques.
  • Tracez vos signalements : si vous constatez une situation dégradée (isolement, charge intenable, ruptures d'effectifs), faites un signalement bref et factuel par écrit. Conservez une copie et datez-le.
  • Sollicitez le CSE et la F3SCT : ces instances doivent être informées et consultées avant toute mise en place. Exigez leur saisine si elle n'a pas eu lieu.
  • Contactez-nous : nous vous aiderons à rédiger le signalement, à le tracer, à demander la saisine des instances, et à exiger le respect des procédures.

Notre engagement

De notre côté, nous porterons une ligne claire :

  • Répondre au manque d'effectifs par des mesures régulées et temporaires (heures supplémentaires encadrées, renforts, mutualisations ponctuelles, régulation d'activité) plutôt que par une généralisation improvisée du 12 h.
  • Demander que toute expérimentation de 12 h, si elle est envisagée, soit documentée, présentée, débattue, évaluée, avec un droit au retour en cas d'effets indésirables.
  • Ouvrir les dossiers, exiger le respect des procédures, et protéger les équipes contre les décisions unilatérales.

« Si tu es agent de jour, de nuit, soignant, médico-technique, administratif, logistique ou technique, tu as les mêmes droits : être informé, consulté via tes représentant·es, travailler dans des conditions respectueuses de ta santé et de ta vie personnelle. »

Contactez-nous — on est là pour vous

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Téléphone

04 76 76 51 07

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Du lundi au vendredi, 9h à 16h

Résumé : ce que vous devez savoir

En bref : Le passage en 12 h ne se décrète pas pour masquer le sous-effectif. Les heures supplémentaires restent possibles (confirmation DRH), dans un cadre régulé. Vos droits priment. On est là pour t'accompagner et faire respecter les règles. Ne reste pas seul·e face à un planning « impossible » : parle-nous, écris-nous, passe nous voir. Plus vite nous sommes saisis, plus vite nous pouvons bloquer les dérives, remettre de la méthode, et exiger des solutions réalistes.